Concert BACH

Ensemble Vocal Harmoniques de Moirans

Ensemble instrumental Le Jardin Musical

Direction Christophe JEAN-BAPTISTE

Marie MICHA – Soprano

Béatrice ALDEGUER-TORNIER – Alto

Vincent LALOY – Ténor

Antoine SAINT-ESPES – Baryton

Programme

Cantates BWV 102, 46 et 21

Motet BWV 225 Singet dem Herrn ein neues Lied

Samedi 23 novembre 2013 – 20h30 Temple de Grenoble

Dimanche 24 novembre 2013 – 17h Eglise de St-Ismier

Vendredi 29 novembre 2013 – 20h30 Église St-Pierre de Voiron

Le Jardin Musical

Les musiciens de l’ensemble sont tous issus de formations prestigieuses (Ad Fontès, Orchestre des Pays de Savoie, Swiss Consort, Ensemble Baroque de Nice, Les Musiciens du Louvre, etc…). Sous l’impulsion de Christine Antoine, ils se réunissent en petite formation dite « un par partie », afin de servir un répertoire choisi.

Tous polyvalents, formés à la « musique ancienne » autant qu’à la « musique moderne », les musiciens jouent sur instruments d’époque, et s’intéressent particulièrement au répertoire baroque (1600-1750) ainsi qu’à la musique contemporaine.

Les possibilités techniques pures de chaque instrument ont été mises à profit par les compositeurs baroques, dans l’émotion et la virtuosité. Les musiciens du Jardin Musical bâtissent une interprétation personnelle et vivante, en connaissance du cadre de l’époque, et véhiculent leur expression propre. Ils s’attachent tout particulièrement à comprendre la polyphonie de chaque œuvre pour en restituer la saveur originale.

Le système de notation connu sous le nom de « basse continue » constitue l’élément de base de la musique baroque, c’est-à-dire une basse chiffrée sous la mélodie des « dessus ». Pour le Jardin Musical, cette basse continue est constituée du clavecin ou de l’orgue, du violoncelle et de la contrebasse avec au-dessus les violons et/ou les solistes (hautbois, flûtes, voix) ; l’alto pouvant être alternativement dans chaque partie.

Au XVIIIème siècle, les arias chantés deviennent de plus en plus virtuoses, chaque chanteur y allant de ses propres cadences et vocalises ou autre prouesse vocale. La formation de « un par pupitre » permet d’exploiter le lyrisme individuel rompu à l’irréfutable complexité logique de la polyphonie. L’interprétation sur instruments d’époque privilégie la clarté du contrepoint, la sonorité originelle des idées et l’éloquence du message. La proximité avec le public en est immédiate.

Violons : Christine ANTOINE Orgue et clavecin : Pierre PERDIGON

Katia LAGRESLE Hautbois : Ombelline CHALLEAT

Alto : Catherine SIMON Flûtes : Madeleine GUIOT

Violoncelle : Denis JEANNET Marion PARISE

Contrebasse : Olivier DESTEPHANY Trompette : Jean-Charles DENIS

Les solistes

Marie MICHA, Soprano

Elle s’initie à la musique par le violon, et découvre le chant il y a dix ans. Elle étudie le chant avec Nicole Marchesini et fait partie du Petit Chœur de femmes de Voiron.

Béatrice ALDEGUER-TORNIER, Mezzo-Soprano

Elle étudie le chant au Conservatoire de Voiron sous la conduite de Nicole Marchesini, et participe aussi au Petit Chœur de femmes du conservatoire de Voiron.

Vincent LALOY, ténor

Il découvre le chant polyphonique avec Régine Théodoresco, parallèlement à son métier d’informaticien. Il décide alors de se consacrer exclusivement au chant et étudie avec Eric Trémolières, Jean-Christophe Henry et Isabelle Germain.

Son répertoire est très varié, de la musique médiévale à la musique contemporaine, avec une prédilection pour la musique baroque allemande et les compositeurs français du début du XXème. Il chante en chœur sous la direction de chefs tels que Emmanuel Krivine, Peter Eötvös, Jun Märkl, Bernard Tétu, Michel Corboz ou Nicole Corti, notamment aux festivals d’Ambronay et de la Chaise Dieu.

Récemment il est soliste dans le Miserere de Lully, les Odes à Ste Cécile de Purcell, l’Oratorio de Noël et diverses cantates de Bach, la messe en Ré de Dvorak, le Dixit Dominus de Charpentier. A l’Opéra de Lyon, il intègre le chœur en tant que supplé-mentaire et se produit dans des œuvres de Wagner, Bellini, Beethoven, Verdi…

Antoine SAINT-ESPES, baryton

Après avoir obtenu son diplôme au CNR de Grenoble dans la classe de Cécile Fournier, il entre au CNSMD de Lyon où il obtient son Master en 2010.

Il se produit en tant que Baryton solo dans les grands oratorios du répertoire.

Il travaille régulièrement avec le Concert de l’Hostel Dieu sous la direction de Franck-Emmanuel Comte dans des programmes de musiques anciennes. On a pu l’entendre avec cet ensemble dans des festivals comme La Chaise Dieu, Ambronnay, “Saoû chante Mozart”.

Il travaille régulièrement avec le chœur des solistes Bernard Tétu, le chœur Britten direction Nicole Corti, le chœur du Capitole de Toulouse direction Alfonso Caiani, ainsi que le chœur de l’opéra de Lyon direction Alan Woodbridge.

Il a déjà tenu plusieurs rôles à la scène dans les opéras tels que Didon et Enée, King Arthur, Fairy Queen de Purcell, la Belle Hélène d’Offenbach, Mireille de Gounod, Tosca de Puccini.

Sous la direction de Patrick Souillot, il a chanté la Flûte Enchantée de Mozart, la Traviata de Verdi et West Side Story de Bernstein.

Son intérêt pour le jazz l’a emmené à participer à la création de Libertad de Didier Lockwood, dans le rôle de Leandro, à l’Opéra Comédie de Montpellier.

Les œuvres

Choisies parmi toutes les cantates que Bach a composées (plus de 200), celles-ci témoignent comme toute l’œuvre du Kantor de sa puissance à transcrire en musique le Verbe Sacré des textes liturgiques pour en extraire la quintessence émotionnelle et dramatique.

Les cantates BWV 102 et 46, toutes deux écrites pour la liturgie du 10ème dimanche après la Trinité débutent par un chœur ample et intensément expressif, suivi d’arias de solistes tout autant dramatiques, et expriment les craintes, angoisses et douleurs des hommes devant Dieu, implorant son pardon, redoutant sa colère. Elles s’achèvent, comme très souvent, par un choral, moment de communion et d’unité spirituelle, mais ici, avec la particularité de laisser les humains (et l’auditoire) dans l’incertitude et sans promesse de rédemption ou d’un bienveillant secours divin.

A l’opposé de ce caractère tragique d’une foi qui implore et désespère, la cantate BWV 21, écrite pour la liturgie du 3ème dimanche après la Trinité, exprime sublimement la joie intime et profonde de la confiance en la bienveillance divine en laquelle l’âme apaisée peut enfin s’abandonner. Cette cantate, majestueuse par son ampleur émotionnelle, l’est aussi par sa dimension formelle. Première cantate en deux parties imposantes, elle s’ouvre par une sinfonia instrumentale particulièrement poignante. Alternant chœurs avec récitatifs et arias de solistes dans une progression infaillible de l’attention qu’elle soutient, elle illustre le discours sacré rendant grâce au Dieu salvateur et exprime l’exaltation d’une foi épanouie, par une architecture musicale subtile et complexe : chaque chœur présente une fugue – forme de prédilection de Bach – d’une richesse inouïe. Les couleurs instrumentales se mêlent aux voix du chœur final pour clore dans une apothéose brillante cette cantate majeure dans l’œuvre de JS Bach.

Comment ne pas terminer ce programme, parcours musical de l’ombre à la lumière, par le magnifique motet BWV 225, “Singet dem Hern ein neues Lied”? Aux dimensions plus restreintes que les cantates, cette œuvre pour double chœur, en trois parties, n’en est pas moins prégnante, par son énergie, sa dynamique de joie et de louange, sa spontanéité éclatante et l’élan vital qu’elle insuffle.